Comment l’endométriose peut-elle affecter la fertilité ?

L’impact de l’endométriose sur la fertilité dépend le plus souvent du degré de sévérité de la maladie. Faire le diagnostic d’endométriose devant toute infertilité est déterminant pour la suite de la prise en charge.

 

Plusieurs mécanismes peuvent intervenir, seuls ou associés :

 

  • une inflammation du pelvis susceptible de perturber l’environnement nécessaire à la fécondation 
  • une libération de facteurs biochimiques qui perturbent la qualité ovocytaire et/ou la maturation de l’ovule
  • des adhérences pouvant modifier les rapports anatomiques entre les ovaires et les trompes et les autres organes pelviens
  • une atteinte des trompes pouvant gêner la rencontre entre l’ovocyte et les spermatozoïdes ;
  • la présence d’un ou plusieurs endométriomes ovariens ;
  • une diminution de la réserve ovarienne, notamment en cas d’atteinte ovarienne ou d’interventions répétées sur les ovaires.

 

Le stade de l’endométriose ne suffit toutefois pas, à lui seul, à déterminer les chances de grossesse. L’âge, la réserve ovarienne, la durée du projet parental et les éventuels facteurs masculins doivent également être pris en compte.

 

Ces éléments sont cohérents avec les recommandations de la HAS  et de l’ESHRE.

Schéma des principales localisations pelviennes de l’endométriose

Comprendre l’endométriose et son impact sur la fertilité

Retrouvez le Dr Julie Labrosse dans cette émission consacrée à l’endométriose et à la fertilité, aux côtés du Pr. Sofiane Bendifallah, chirurgien expert d’endométriose et du Dr. Mikhael Benjoar, radiologue spécialisé en endométriose.

 

Suivez les discussions multidisciplinaires passionnantes de ces spécialistes autour du sujet complexe et délicat de la gestion du désir de grossesse en cas d’endométriose: quand penser à la préservation ? Quand et quelles patientes opérer ? Quels sont les protocoles de PMA adaptés ? Quelle est la meilleure prise en charge ?

Quand réaliser un bilan de fertilité en cas d’endométriose ?

En présence d’une endométriose connue ou suspectée, il peut être utile de consulter dès le début du projet de grossesse, sans nécessairement attendre plusieurs mois d’essais.

 

Un bilan de fertilité peut notamment être proposé en cas :

 

  • de douleurs pelviennes ou de règles très douloureuses ;
  • d’endométriome ovarien ;
  • d’atteinte ovarienne importante ou bilatérale ;
  • d’antécédent de chirurgie de l’endométriose ;
  • d’absence de grossesse après plusieurs mois d’essais ;
  • de projet de grossesse à partir de 35 ans ;

 

L’objectif n’est pas d’orienter systématiquement vers une PMA, mais d’évaluer la situation suffisamment tôt pour déterminer si des essais spontanés restent adaptés ou si une prise en charge particulière doit être envisagée.

Quel bilan de fertilité en cas d’endométriose ?

Le bilan de fertilité est adapté à l’âge, aux antécédents, à la localisation de l’endométriose et à la durée du projet de grossesse. Il permet d’évaluer les différents facteurs susceptibles d’influencer la conception.

 

Selon la situation, il peut notamment comprendre :

 

  • une consultation spécialisée avec analyse des antécédents médicaux, gynécologiques et chirurgicaux ;
  • une échographie pelvienne spécialisée ou une IRM pelvienne pour rechercher et caractériser les lésions d’endométriose ;
  • une évaluation de la réserve ovarienne par le dosage de l’AMH et le compte des follicules antraux ;
  • une exploration de la perméabilité des trompes lorsqu’elle est indiquée ;
  • un spermogramme chez le partenaire 

 

Les résultats sont interprétés ensemble afin de proposer une stratégie personnalisée et d’éviter des examens ou des traitements non nécessaires.

Quelle prise en charge pour obtenir une grossesse ?

La prise en charge dépend de l’âge, de la réserve ovarienne, de la durée de l’infertilité, de l’état des trompes, du spermogramme et de la localisation des lésions d’endométriose.

 

Selon la situation, différentes possibilités peuvent être discutées :

 

  • la poursuite d’essais spontanés pendant une durée définie ;
  • une stimulation ovarienne, parfois associée à une insémination intra-utérine ;
  • une fécondation in vitro (FIV), avec ou sans ICSI ;
  • une intervention chirurgicale lorsque son bénéfice attendu est supérieur aux risques.

 

La chirurgie n’est pas systématique avant une FIV. Sa pertinence dépend notamment des douleurs, de la taille et de la localisation des lésions, de la réserve ovarienne et des interventions antérieures. Elle peut aussi intervenir après des essais d’AMP. Les indications de chirurgie et la séquence de prise en charge doit être définie au cas par cas pour chaque patiente au sein d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) réunissant experts en AMP et en chirurgie de l’endométriose.

 

Le choix de la stratégie repose donc sur une évaluation personnalisée et une décision partagée avec la patiente / le couple.