Transfert frais ou transfert d’embryon congelé : quelle différence ?
Le transfert embryonnaire est l’étape de la FIV au cours de laquelle un embryon est déposé dans la cavité utérine à l’aide d’un cathéter fin. Il peut être réalisé quelques jours après la ponction ovocytaire, dans le cadre d’un transfert frais, ou lors d’un cycle ultérieur après vitrification et réchauffement de l’embryon : on parle alors de transfert d’embryon congelé (TEC).
Le choix du moment et du protocole dépend notamment du développement embryonnaire, de l’état de l’endomètre, du taux de progestérone en fin de stimulation ovarienne, du risque d’hyperstimulation et des antécédents médicaux. Le Dr Julie Labrosse accompagne les patientes dans la préparation de l’endomètre, la programmation du transfert embryonnaire et le suivi après le geste.
Le transfert d'embryon frais
Le transfert frais est réalisé quelques jours après la ponction ovocytaire, au cours du même cycle de traitement. Après la fécondation et la culture au laboratoire, un embryon est sélectionné pour être transféré dans l’utérus, le plus souvent au stade de blastocyste.
Le transfert frais peut être proposé lorsque le développement embryonnaire, l’aspect de l’endomètre et le contexte hormonal sont favorables. Les autres embryons présentant une qualité suffisante peuvent être vitrifiés en vue d’un éventuel transfert ultérieur.
Le transfert d'embryon congelé
Lors d’un transfert d’embryon congelé, l’embryon a été vitrifié après la fécondation in vitro, puis conservé jusqu’au cycle choisi pour le transfert. Il est réchauffé au laboratoire avant d’être déposé dans la cavité utérine.
Cette stratégie permet de dissocier la stimulation ovarienne et la ponction du transfert embryonnaire. L’endomètre peut ainsi être préparé au cours d’un cycle ultérieur, soit en utilisant l’ovulation naturelle, soit à l’aide d’un traitement hormonal. Le protocole est personnalisé en fonction des cycles, des antécédents et de la situation médicale de chaque patiente.
Comment préparer l’endomètre avant un transfert d’embryon congelé ?
Avant un transfert d’embryon congelé, l’endomètre doit atteindre un développement satisfaisant et être précisément synchronisé avec l’âge de l’embryon. La date du transfert est déterminée à partir du moment de l’ovulation ou du début de la prise de progestérone. Plusieurs protocoles peuvent être proposés.
Le cycle naturel ou naturel modifié
Chez les femmes ayant des cycles réguliers et une ovulation spontanée, le développement du follicule et de l’endomètre est surveillé par échographies et dosages hormonaux. Le transfert est programmé en fonction de l’ovulation naturelle ou d’une ovulation déclenchée par un médicament. Ce protocole induit la formation d’un corps jaune, qui produit naturellement de la progestérone. Certains protocoles incluent un soutien supplémentaire par progestérone médicamenteuse.
Le cycle stimulé
Une stimulation ovarienne légère peut être proposée lorsque l’ovulation est irrégulière ou qu’un meilleur contrôle du cycle est nécessaire. La croissance folliculaire et l’endomètre sont surveillés, puis l’ovulation est déclenchée afin de programmer précisément le transfert embryonnaire. Certains protocoles incluent un soutien supplémentaire par progestérone médicamenteuse.
Le cycle artificiel ou substitué
Lors d’un cycle artificiel, des œstrogènes (par voie orale, vaginale et/ou patchs cutanés) sont prescrits pour préparer l’endomètre, puis la progestérone (par voie orale, vaginale et/ou sous-cutanée) est introduite afin de créer la fenêtre d’implantation. Ce protocole ne comporte pas d’ovulation et permet de mieux maîtriser le calendrier du transfert. Le traitement doit être poursuivi selon les consignes précises de l’équipe médicale.
Une expertise scientifique sur le transfert d’embryon congelé
Le Dr Julie Labrosse est première auteure d’une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique Frontiers in Endocrinology, portant sur 2 982 cycles de transfert d’embryon congelé. Cette étude compare les différents protocoles utilisés pour préparer l’endomètre avant le transfert.
Dans cette cohorte, les cycles comportant une ovulation et la formation d’un corps jaune étaient associés, après ajustement, à un taux de naissance vivante plus élevé et à un risque de fausse couche plus faible que les cycles artificiels. Ces résultats soutiennent l’utilisation préférentielle d’un protocole avec corps jaune chez certaines femmes ovulatoires, lorsque leur situation médicale le permet.
Le choix du protocole reste néanmoins personnalisé en fonction des cycles, des antécédents, de l’organisation du traitement et des éventuelles contre-indications.
Comment se déroule le transfert embryonnaire ?
Le transfert embryonnaire est un geste rapide qui ne nécessite ni anesthésie ni hospitalisation. Il est généralement peu ou pas douloureux, même si une gêne passagère comparable à celle d’un examen gynécologique peut être ressentie.
L’identité de la patiente et celle de l’embryon sont vérifiées selon des procédures strictes. Dans le cas d’un transfert d’embryon congelé, l’embryon est réchauffé au laboratoire avant le geste. Il peut être demandé de conserver la vessie modérément remplie afin de faciliter la visualisation de l’utérus par échographie.
La patiente est installée en position gynécologique et un spéculum est placé afin de visualiser le col de l’utérus. L’embryon, contenu dans une très petite quantité de milieu de culture, est introduit dans la cavité utérine à l’aide d’un cathéter fin et souple.
Le geste est guidé par échographie abdominale afin de déposer l’embryon à l’endroit approprié dans l’utérus. Une fois le transfert effectué, le cathéter est contrôlé au laboratoire pour vérifier qu’il ne contient plus l’embryon.
Le transfert lui-même ne dure que quelques minutes. Après un court temps de repos, la patiente peut quitter le centre et reprendre une activité habituelle. Les traitements prescrits, notamment la progestérone, doivent être poursuivis sans modification jusqu’aux consignes de l’équipe médicale.